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Couleurs végétales et culture du kimono : un week-end immersif aux Tinctoraiales d'Hellemmes

L'association Les Tinctoraiales est installée à Hellemmes. Nichée dans les anciens locaux du bureau de poste local. L'association a pour objet de promouvoir la couleur végétale et plus spécifiquement les plantes tinctoriales (ce sont des plantes dont on extrait des pigments coloré pour teindre les fibres naturelles).



Un lieu de mutualisation et d'expérimentation


Le but affiché est une mutualisation du matériel et des locaux. Artistes, artisans, teinturiers : chacun y trouve sa place. L'association a vocation à accueillir des créateurs et créatrices, mais aussi toutes celles et ceux qui désirent contribuer : semer, planter, récolter, apprendre ou partager leur pratique de la couleur végétale ou leur connaissance des plantes.

Concrètement, cela se traduit par la création de jardins tinctoriaux, la mise en réseau d'artisan·e·s et de professionnel·le·s du textile, et une programmation régulière d'ateliers pratiques : teinture, fabrication d'encres et de pigments, tricot, couture.


Shirokara : quand le Japon rencontre les plantes du Nord




L'atelier de mordançage : comprendre la chimie de la couleur


Le mordant, cette étape méconnue


Notre première immersion pratique avec Shirokara fut l'atelier de mordançage : une étape souvent oubliée du grand public mais absolument fondamentale dans tout processus de teinture végétale.

Le mordançage est une étape qui augmente la saturation et la solidité de la teinte et peut en modifier la couleur. En d'autres termes, sans mordant, les pigments végétaux ne se fixent tout simplement pas de façon durable sur les fibres.





L'atelier furoshiki & indigo : teinture et pochoirs Ise katagami


Le second atelier auquel nous avons participé est celui de la teinture à l'indigo associée au furoshiki (風呂敷) (l'art traditionnel du pliage et du nouage d'un carré de tissu) et de la technique du pochoir Ise katagami. Le furoshiki est un carré de tissu japonais utilisé depuis des siècles pour emballer, transporter et offrir toutes sortes d'objets.

L'indigo est l'une des plus anciennes teintures. Sa couleur est immédiatement reconnaissable : ce bleu profond, légèrement verdâtre à la sortie du bain, qui se révèle à l'air au contact de l'oxygène.


Les pochoirs Ise katagami


Le katazome désigne la technique de teinture dans laquelle on utilise un pochoir, découpé à la main dans du papier washi, pour créer des motifs en réserve sur du tissu teint à l'indigo. Ce pochoir (le katagami) est découpé dans une feuille de papier washi.

Ces pochoirs sont réalisés à partir de plusieurs couches de papier washi fin, imprégnées de jus de kaki, ce qui donne un papier solide, flexible et de couleur brun caractéristique.

Le pochoir parfaitement aligné est appliqué régulièrement sur le tissu. On le recouvre d'une colle de réserve que l'on fait chauffer avant de plonger le tissu plusieurs fois dans la teinture. Puis on lave et rince le tissu pour le débarrasser de la pâte de riz avant de le laisser sécher et de découvrir les motifs imprimés.

Les motifs traditionnels comprennent des éléments naturels tels que des fleurs, des feuilles, des oiseaux, des poissons et des motifs géométriques, utilisés pour décorer une variété de produits, notamment des kimonos, des éventails et bien d'autres objets.



La conférence du dimanche


Le dimanche, la programmation comprenait une conférence dans laquelle elle partageait son dernier voyage au Japon, l'occasion pour elle de présenter ses participations à des ateliers de teinture, de rapporter des étoffes et de les présenter au public.



L'histoire du kimono ne peut se raconter sans évoquer le jūnihitoe (十二単, littéralement "douze couches") est un type de kimono de cour japonaise apparue à l'époque de Heian, portée pour les occasions solennelles par les femmes nobles et dames de compagnie de la Cour impériale du Japon.


La rencontre en visioconférence avec un expert japonais


L'un des temps forts du week-end fut sans doute la rencontre en visioconférence organisée avec des experts du Japon autour du junihitoe et avec awai hafurino.




Awai tire son nom d'un ancien mot japonais désignant l'espace entre les choses : entre l'homme et la nature, entre le passé et le présent. C'est dans cet entre-deux que cet entreprise puise son essence, pour offrir au public une expérience unique et singulière à travers le junihitoe.


Le junihitoe est un vêtement traditionnel japonais porté autrefois par les femmes de la cour impériale. Ses superpositions de couleurs et ses motifs évoquent les saisons, la nature et l'esthétique japonaise, faisant de lui un symbole emblématique de la culture impériale japonaise.


La pièce présentée par Awai est le Hafuri no Junihitoe : hafuri signifiant prière et bénédiction. Confectionné en soie pure par des artisans de Kyoto, il est aujourd'hui si rare que même les Japonais n'ont que peu d'occasions d'en voir un, ce qui les motivent à organiser des activités autour de ce costume.


Ses combinaisons de couleurs s'inspirent des plantes saisonnières, dans la lignée des aristocrates de l'époque Heian, qui vivaient en profonde harmonie avec la nature et les saisons.


La démonstration d'habillage en kimono


Pour clore ce week-end, une démonstration d'habillage en kimono nous a rappelé combien enfiler un kimono est une performance. Loin du geste rapide que l'on imagine parfois, le processus d'habillage requiert un savoir-faire précis, transmis de génération en génération.



Les expositions sur place

Le week-end était également enrichi par plusieurs expositions réalisées sur place.



Bibliographie et sources



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