L’art du col qui sublime le kimono
- Association Okiya
- 22 mars
- 4 min de lecture
Qu’est-ce que haneri ?
Le haneri (半衿), littéralement « demi-col », tire son nom de ses dimensions : environ 15 cm de large et 11 cm de long, soit la moitié du col d’un nagajuban (sous kimono).
Il se fixe directement sur le nagajuban (le sous-kimono), soit en le cousant, soit en le maintenant à l’aide de petites épingles de sûreté. Le haneri est la partie du col visible sous le kimono.
Comment fixer un haneri?
Rôle du han-eri:
Le han-eri a deux fonctions principales :
Protéger le col du nagajuban contre le maquillage, la transpiration ou le sébum : il est en effet beaucoup plus facile de laver ou remplacer le haneri que le nagajuban entier.
Embellir le décolleté du kimono, qu’il soit blanc (forme la plus traditionnelle) ou orné de motifs selon le style et le niveau de formalité.
Le haneri est généralement blanc pour les tenues formelles. Dans la plupart des cas, un haneri blanc est déjà cousu sur un nagajuban neuf. Il convient aussi bien aux occasions formelles (mariage, cérémonie du thé) qu’aux situations informelles (sorties entre amies).
Les tendances actuelles permettent cependant plus de créativité : on voit par exemple des haneri brodés assortis à un furisode porté lors de la cérémonie de majorité, ou encore un han-eri décoratif combiné à un hakama pour un style simple mais élégant.
Les haneri colorés sont recommandés pour les kimonos décontractés. Pour les changer souvent, beaucoup de personnes préfèrent les fixer à l’aide d’épingles à nourrice.
Les différents types de haneri selon la saison
Haneri d’automne à printemps (octobre à mai)
Shiose (塩瀬)
Le han-eri en shiose (ou shiose habutae) est le col le plus utilisé pour les kimonos doublés (awase), porté d’octobre jusqu’au mois de mai environ. C’est le type le plus courant, assorti aussi bien aux :
furisode
tomesode
homongi
kimonos formels ou semi-formels
Sa texture est reconnaissable à sa trame serrée et sa légère strie horizontale. Il peut également se porter avec des kimonos plus simples comme les komon, tsumugi, omeshi ou les kimonos en coton.
Han-eri d’été (juin à septembre)
En été, l’objectif est d’apporter une impression de fraîcheur, tant pour la personne qui porte le kimono que pour celle qui la regarde. On utilise donc un nagajuban d’été transparent, et un haneri assorti de matière ajourée.
Ro (絽) Le tissu ro est le plus iconique des matières estivales. Sa texture comporte de petits espaces ajourés. Il se porte généralement de juin à fin septembre. Très facile à associer, il convient particulièrement aux kimonos d’été non doublés (hitoe). Sa texture fraîche et légèrement plissée est idéale pour juillet et août.
Asa-ro (麻絽) gaze de chanvre, il est parfait pour accompagner :
les tsumugi d’été,
les kimonos en lin,
et toutes les matières estivales.
Yoryu (楊柳). Le yoryu, se reconnaît à ses plis longitudinaux (tate-shibo). Il est recommandé pour les kimonos non doublés de :
mai (printemps),
septembre (début d’automne).
Ro-chirimen (絽縮緬). Un tissu ro combiné à une torsion forte de type chirimen. Très agréable à porter, léger, il offre une belle présence tout en restant frais. Porté :
en juin et septembre avec les kimonos hitoe
ou avec des kimonos tissés ou komon.
Haneri d’hiver
1. Chirimen (縮緬)
Le haneri en chirimen, reconnaissable à son grain caractéristique, est épais et volumineux, idéal pour l’hiver. Il s’associe très bien aux kimonos doublés, aux tsumugi et aux tenues plus chaleureuses.
Pour les furisode de cérémonie (Seijin Shiki), il existe des haneri en chirimen brodés, très populaires.
Comment bien choisir son han-eri ?
TPO (Temps, Lieu, Occasion)
Mariage, cérémonie du thé : haneri blanc.
Tenue de deuil : haneri strictement blanc.
Cérémonies étudiantes (majorité, remise de diplôme) : haneri brodé.
Couleurs et motifs : réservés aux styles décontractés.
L’évolution du han-eri à travers les époques
Après la guerre, avec la diffusion croissante des vêtements occidentaux, le milieu du kimono, soucieux de préserver son prestige, s’est tourné vers les magazines spécialisés pour promouvoir le kimono comme un produit haut de gamme.
C’est à cette époque que les ouvrages dédiés au kimono ont commencé à préconiser un habillage très strict : l’introduction de l’erishin (renfort destiné à maintenir le col bien en place), des règles précises pour l’ohashori, et d’autres détails soignés pour sublimer l’apparence générale du kimono.
Quand on regarde des photos de l’ère Meiji, la différence est frappante. Même si les poses sont mises en scène, la manière de porter le kimono devait être assez proche de la réalité. À cette époque, le haneri (le col de sous-vêtement visible sous le kimono) était laissé plus apparent, ce qui reflète la mode et les codes vestimentaires de l’époque.
Depuis une dizaine d’années, on voit apparaître des magazines montrant des kimonos portés de manière « mignonne », et de nombreuses femmes s’amusent à porter le kimono à leur façon, ce qui redonne fraîcheur et modernité à ce vêtement.
Bibliographie
## Qu'est-ce qu'un Haneri ?## Pourquoi utiliser un faux col de kimono ?## Comment choisir son Haneri selon l'occasion ?


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