Étiquette du kimono : gestes et savoir-vivre japonais (訪問のマナー) Hakubi Kyoto Kimono Gakuin volume 3 part 2
Dernière mise à jour : 23 oct.
Précision de l'association : nous ne sommes pas des professionnels de la traduction ni du japonais. Ce texte a été réalisé avec beaucoup d'attention et de soin à partir de la lecture du volume 3 de ハクビ京都きもの学院 (Hakubi Kyoto Kimono Gakuin), paru en 1977, mais des coquilles, approximations ou erreurs de lecture peuvent malgré tout subsister, notamment sur certains noms propres ou certaines tournures de phrase. Nous partageons ce travail du mieux que nous pouvons, avec plaisir, et restons ouverts à toute correction.
Nous précisons enfin que les propos tenus dans ce texte sont ceux de l'école Hakubi, et non ceux de notre association.
Comment serrer la main (握手の仕方)
En principe, la poignée de main est initiée par la personne de rang supérieur, qui tend la main la première. L'ordre de priorité est le suivant :
Entre une femme et un homme : la femme d'abord
Entre un supérieur et un subordonné : le supérieur d'abord
Entre un aîné (senpai) et un cadet (kōhai) : l'aîné d'abord
Entre une personne plus âgée et une plus jeune : la plus âgée d'abord
Entre une personne mariée et une non mariée : la personne mariée d'abord
De plus, entre ces critères de 1 à 5, celui dont le numéro est le plus petit l'emporte sur celui dont le numéro est plus grand.
La personne de rang supérieur peut fort bien ne pas tendre la main si elle ne le souhaite pas. Si elle le fait, elle doit tendre la main droite d'un geste vif. Plutôt que de se contenter d'un simple salut du regard, il est préférable, si possible, de serrer la main : c'est plus poli et cela fait meilleure impression. Une femme peut rester assise sur sa chaise, en gardant chapeau et gants.
Quand on vous tend la main, on la saisit aussitôt et, en regardant l'autre dans les yeux, on la secoue légèrement de haut en bas, deux ou trois fois. On ne s'incline pas et on ne détourne pas le regard. Garder l'autre main (la gauche) derrière le dos ou dans la poche est aussi impoli.
Remise et réception d'objets (品物の受け渡し)
La base des bonnes manières est de se mettre à la place de l'autre pour réfléchir. Ainsi, quand on remet un objet, on le retourne pour qu'il soit orienté de façon à faciliter la prise pour l'autre personne, et on le présente des deux mains.
Même pour ce que l'on pourrait remettre d'une seule main, on ajoute toujours l'autre main en appui. En particulier, pour les stylos et les objets tranchants, on tend le manche vers l'autre. Les cartes de visite d'autrui et les lettres se présentent sur un plateau, ce qui est plus poli.
Lorsque la personne est de rang supérieur : si elle est assise, on s'assoit ; si elle est assise sur un siège, on se lève ; si elle est debout, on s'agenouille (sur le tatami) pour lui remettre l'objet.
Un bol à thé (chawan) se présente avec la face décorée tournée vers l'invité. Une tasse de thé noir ou de café se présente avec l'anse à droite du point de vue de l'invité.
Un coussin (zabuton) plié en deux se présente avec le pli tourné vers l'invité.
Un bouquet de fleurs se remet de façon que l'autre puisse le soutenir avec son avant-bras gauche et en tenir le pied de la main droite. On le tient donc de la main droite au milieu et de la main gauche à la base des tiges.
Exprimer la féminité (女らしさの表現)
Le nœud d'obi, pourtant essentiel, se trouve placé pile dans le dos, là où l'on peut le moins le surveiller. Le bas du kimono peut se soulever à tout instant. Si l'on n'y prend garde, la manche découvre le coude. Le col semble toujours sur le point de s'écarter et demande de la vigilance. Quant à la nuque dégagée (nuki-emon), elle est toujours exposée à des regards indiscrets.
Une femme est donc, qu'elle le veuille ou non, attentive de tous côtés et, en cas de besoin, elle adopte une gestuelle qui protège et dissimule. En montant ou en descendant un escalier, en montant en voiture ou en descendant, en trottinant, ou par grand vent, elle retient de la main droite le pan supérieur (uwamae) pour cacher ses jambes. Quand elle tend le bras vers un endroit haut ou éloigné, elle ramène de l'autre main la manche qui glisse pour couvrir son bras. Elle rajuste le col, porte la main derrière elle pour vérifier que l'obi ne s'est pas défait… Ces gestes délicats et féminins, propres au kimono, dégagent un charme que l'on ne trouve pas dans les vêtements occidentaux.
Connaître les particularités de la matière du kimono
Les kimonos de cérémonie, comme le tomesode, le furisode et le hōmongi, sont confectionnés en rinzu (satin de soie) ou en crêpe (chirimen), des étoffes douces et lustrées. Quand on les porte, même sans bouger, les manches ondulent et le bas flotte. Des épaules carrées (ikari-kata) accentuent encore cet effet et donnent une impression rude. Je vous recommande de vous efforcer d'avoir des mouvements doux.
Avec une fibre synthétique bon marché, le bas et les manches se gonflent brusquement au moindre coup de vent, à des moments inattendus. Ou bien l'électricité statique propre aux fibres synthétiques fait que le vêtement ne se plaque pas au corps et cherche sans cesse à s'en écarter : il faut rester vigilant pour le maîtriser.
Le kimono est constitué de pièces coupées en lignes droites, et c'est par les cordons et l'obi qu'on lui donne forme et qu'on l'ajuste au corps. Pour le porter sans crainte de le voir se défaire et à sa guise, il faut donc fournir des efforts que personne ne voit. Il faut connaître les dimensions de son corps et ses habitudes de mouvement, et en même temps saisir les particularités du tissu que l'on porte pour s'y adapter.
Les jours de pluie
Si l'on marche sous une pluie battante, on a beau faire attention, on projette des éclaboussures, et le kimono mouillé rétrécit et ne reprend plus sa forme. Il faut alors recourir à un spécialiste, ce qui est fâcheux. On retrousse donc le kimono en le retournant et on le rabat sur l'obi, en le fixant avec un cordon pour qu'il ne tombe pas. Par-dessus, on enfile bien sûr un manteau de pluie.
Pour une petite pluie, il suffit de retrousser le kimono avec le nagajuban jusqu'en dessous des mollets et de marcher à petits pas.
Aux toilettes
Une fois aux toilettes, on coince les manches dans le cordon d'obi (obijime) ou, pour un furisode, on noue les deux manches ensemble devant la poitrine, ou on enroule chacune autour d'un bras.
Quand le kimono et le nagajuban sont superposés, les retrousser ensemble les fait facilement glisser. On replie donc séparément le bas de chacun et on les relève jusqu'à la hauteur de l'obi.
Astuces pour remettre un kimono en ordre (着くずれを直すコツ)
On corrige ce qui s'est dérangé devant le miroir des toilettes. Si le col du nagajuban dépasse, on soulève le bas du kimono et on tire le nagajuban successivement à gauche, à droite, puis par la couture du dos. Si le bas s'est évasé, pour retrouver un bas resserré, on glisse la main sous le pan inférieur (shitamae), on relève fermement son bord gauche vers l'intérieur et on le fait rentrer sous le cordon de taille (koshihimo).
Ensuite, en tirant vers le bas le repli de la taille (ohashori) à l'arrière de l'obi, le col du kimono retrouve proprement sa position en nuki-emon. Pour que l'ohashori de devant ne fasse pas de plis, on glisse le bout des doigts vers le bas et on le lisse.
On défait ensuite l'obiage et le cordon du makura (coussinet de l'obi), on tire fortement et on renoue. On passe la main dans l'espace du nœud otaiko pour en ajuster le bombé, puis on vérifie que la retombée de l'obi n'est pas relevée : tout est alors en ordre. On se regarde en entier dans le miroir avant de sortir.
Comment se faire photographier (写真の撮られ方)
Quand on pose debout, si l'on se tient bien en face de l'appareil, le poids réparti sur les deux pieds, on paraît plus imposant. On tourne donc le corps légèrement vers la droite, de biais, et l'on ne tourne que le visage vers l'appareil : on apparaît alors doux et raffiné. On procède de la même façon lorsqu'on est photographié assis sur une chaise.
Avancez légèrement le pied gauche, la pointe un peu décollée du sol, et tournez le gros orteil vers l'intérieur. Le talon droit forme un angle d'environ soixante degrés et se place à une dizaine de centimètres du pied gauche, le poids du corps reposant sur le pied droit. C'est la plus belle pose, celle qu'adoptent les mannequins de mode.
Les mains jointes devant le corps donnent une impression de vieillesse. Posez plutôt la main droite en la décalant sur la paume de la main gauche, ou prenez deux positions différentes à gauche et à droite, afin de rompre la symétrie.
Comment porter ses affaires (荷物の持ち方)
Quand on a beaucoup de bagages, les répartir également dans les deux mains est confortable, mais ce n'est pas élégant. Mieux vaut, autant que possible, tout réunir dans la main gauche et y poser légèrement la main droite. Laisser la main droite libre n'est pas seulement une question d'allure : c'est pour pouvoir s'en servir en cas de besoin.
Quand le vent soulève le bas du kimono, ou que, sous l'effet d'un mouvement, le pan supérieur menace de s'ouvrir, on retient vivement de la main droite le croisement du kimono. Quand on sent que le croisement du col s'est modifié, ou que la retombée de l'obi s'est relevée, on porte de même, par réflexe, la main droite pour rectifier.
Le kimono, contrairement au vêtement occidental, n'est pas fixé : on le porte en le modelant avec des cordons (koshihimo), si bien que son aspect change de mille façons à chaque mouvement du corps. Pour éviter que quelque chose ne se dérègle, il faut sans cesse, discrètement, remettre de l'ordre de la main droite. On peut y voir un geste gracieux et charmant, et c'est sans doute la raison pour laquelle on dit que le kimono met en valeur la féminité.
Savoir-vivre en visite (訪問の心得)
Prendre rendez-vous à l'avance
Lorsqu'on rend visite à une personne ou sur le lieu de travail de quelqu'un, on convient au préalable d'un jour et d'une heure avant de se mettre en route. Même avec des proches, se présenter à l'improviste est perçu comme un comportement égoïste qui ne tient pas compte des convenances de l'hôte, et le met dans l'embarras.
Si la visite a un motif précis, la bonne manière est d'indiquer aussi le temps nécessaire, par exemple : « J'aurais besoin d'environ une heure de votre temps. » On précise également l'objet de la visite à l'avance : « C'est au sujet d'une proposition de mariage pour ma petite sœur », « Je voudrais vous demander conseil sur la recherche d'emploi de mon petit frère ».
Il est de bon sens d'éviter le petit matin, les heures après 21 h et les heures de repas ; la plage de 14 h à 17 h environ est la plus appropriée. Si la visite risque de tomber à l'heure d'un repas, il faut prévenir d'emblée : « J'ai d'autres engagements, ne vous dérangez surtout pas ». Sans cela, l'hôte se tracasse.
En principe, une visite dure une heure au maximum. Si elle semble devoir se prolonger, on demande à l'hôte s'il ne vaudrait pas mieux revenir un autre jour. Rester longtemps sans se soucier de l'heure est mal vu.
Par ailleurs, pour les visites de politesse (vœux du Nouvel An, événements heureux, visite à un malade, deuil, etc.), on se présente sans prévenir. On adresse ses salutations dans l'entrée (genkan) et, même si l'on vous invite à entrer, on prend congé sans monter : c'est la politesse. Il s'agit en somme de ne pas causer à l'hôte la peine de préparer thé.
Lorsqu'on est invité à un repas ou à un thé avec des wagashi, on répond rapidement et précisément pour dire si l'on viendra ou non. Une réponse vague comme « J'essaierai de venir » met l'hôte mal à l'aise. Inviter de sa propre initiative des personnes qui n'ont pas été conviées, ou emmener sans prévenir de jeunes enfants, est également contraire aux bonnes manières.
Arriver à l'heure, avec « l'épaisseur d'un papier » de retard 紙一重
Certains pensent que la bonne manière est d'arriver 10 à 15 minutes avant l'heure fixée, mais arriver en avance est impoli. L'hôte n'est peut-être pas encore prêt, et on l'oblige à se dépécher.
Le moment idéal est celui où l'hôte a terminé ses préparatifs et se tient prêt à attendre, c'est-à-dire avec une ou deux minutes de retard. Dites-vous qu'un invité est quelqu'un que l'on attend.
Avec plus de dix minutes de retard, la famille s'inquiète : il faut alors absolument prévenir, même en cours de route, et présenter ses excuses.
Par ailleurs, certains Japonais croient qu'il est impoli de garer sa voiture devant l'entrée de l'hôte et descendent avant d'arriver (les étrangers, eux, ne le font pas). Qu'il s'agisse d'une voiture personnelle, d'une voiture de location avec chauffeur ou d'un taxi, on peut très bien s'arrêter devant l'entrée ou le portail. Il faut seulement veiller, si l'on se gare, à ne pas commettre d'infraction de stationnement.
Comment retirer le manteau et le haori (ストール・コート・羽織の扱い方)
Lors d'une sortie en exterieur en plein air, on peut la garder son haori mais le retirer à l'intérieur. Toutefois, même pour un simple échange de salutations dans la rue, il vaut mieux l'ôter.
Lorsqu'on rend visite à quelqu'un, on la retire donc à l'extérieur dans l'entrée. Maintenez de la main gauche le devant du kimono , passez la main droite derrière vous, saisissez le bas de l'étole et tirez-le vers le bas, puis ramenez-la devant vous et pliez-la sommairement.
Le manteau et le haori
Le manteau de kimono s'appelle le michiyuki, il existe également le haori et le dōchūgi ; on les mettait pour se déplacer dans la rue.
Lors d'une visite, on les retire naturellement dans l'entrée. Même si la maîtresse de maison porte un haori, l'invité ferait bien de retirer le sien, sauf si on lui dit « Je vous en prie, gardez-le ». Dans une situation très décontractée, ou avec un ensemble en tissu d'Ōshima, on peut aussi le garder en s'excusant d'un mot : « Veuillez m'excuser de garder mon haori ».
Une fois dans l'entrée, posez d'abord sac et affaires à portée de main, puis retirez manteau ou haori. Prenez-le par le bord des manches en le tirant légèrement, passez les deux mains derrière vous, rassemblez-le à hauteur de la taille, tenez-le de la main droite, ramenez-le devant vous et pliez-le sommairement en repliant les manches (sodetatami). Posez-le près du bord de l'entrée.
Un manteau de pluie mouillé, on demande la permission avant de l'accrocher au portemanteau. Le parapluie, on l'égoutte bien et on l'appuie contre la porte d'entrée (en principe, à l'extérieur de la porte). Les gens de la maison le rentreront et, s'il y a de la place, le déplieront pour le faire sécher.
Que faire des chaussures (履物の処理)
À l'origine, réaligner les chaussures de l'invité relève de la politesse des gens de la maison. Si un domestique accueille l'invité, celui-ci les retire en les orientant dans le sens de la montée, sans les retourner, et passe directement vers l'intérieur.
Mais lorsque ce sont les membres de la famille qui viennent accueillir l'invité, celui-ci remet lui-même ses chaussures en ordre. Pour cela, après être monté dans l'entrée face à l'avant, on se tourne en diagonale, on pose les genoux au sol et, restant sur la pointe des pieds, on aligne les chaussures en les orientant vers le côté de l'entrée.
Les tabi
Quelle que soit l'élégance de la toilette, des tabi sales suffisent à tout gâcher. Les anciennes règles imposaient donc d'emporter des tabi de rechange pour sortir. En pratique, pourtant, se mettre pieds nus dans l'entrée d'autrui pour changer de tabi est plutôt malpoli. Monter avec des tabi sales et se précipiter aux toilettes pour les changer est tout aussi disgracieux et grossier.
On sort donc avec des couvre-tabi (tabi kabā), que l'on retire discrètement en descendant de voiture à l'extérieur de l'entrée ou du portail, ou avant de sonner. Les tabi restent d'un blanc immaculé. Les bonnes manières doivent s'adapter à la vie réelle et moderne, voilà ce qu'est la sagesse pratique.
Donner une impression agréable (さわやかな印象)
L'expression du regard
Supposons que vous marchiez dans la rue et qu'un inconnu vienne vers vous. À deux ou trois mètres avant de vous croiser, vous le regardez bien en face, puis, l'instant d'après, vous détournez discrètement le regard. Bien sûr, on ne fait pas courir son regard de son visage à sa tenue, et on ne se retourne pas pour l'examiner. Voilà les bonnes manières du regard.
Il en va de même en réunion. On regarde l'autre assez longtemps pour qu'il ait clairement conscience d'avoir été vu, on soutient son regard, puis on le détourne sans hâte. Cela signifie que vous avez reconnu sa présence, mais que vous ne vous immiscerez pas davantage.
Certaines personnes évitent délibérément le regard de l'autre. Elles paraissent alors arrogantes et mettent l'autre mal à l'aise. Ne pas accorder le moindre coup d'œil, c'est faire sentir à l'autre qu'il est ignoré, ce qui blesse son amour-propre et suscite sa rancœur.
Il y a aussi des moments où il ne faut pas regarder. Quand quelqu'un vient de commettre un impair, personne n'aime être vu. Il est de bon ton de comprendre ce sentiment, de faire semblant de ne rien voir même si l'on s'en est aperçu, et de feindre d'être occupé à autre chose.
Pour saluer, sauf en cas de deuil, souriez des yeux et adoptez une expression douce et lumineuse. Si l'assistance est nombreuse, posez le regard sur chaque personne et souriez à chacune à votre tour. Quand on fait une révérence plus profonde qu'un simple signe de tête, on baisse naturellement les yeux.
Le regard représente à lui seul la personne tout entière. Ce que l'on a dans le cœur ne peut être dissimulé et se lit entièrement dans le regard : veillons à ne pas nous laisser aller sans retenue.
Les impolitesses avec les pieds
Le seiza, la position assise correcte genoux joints, remonte à l'époque de Kamakura : lorsque la hiérarchie des statuts s'est imposée chez les guerriers, les subalternes ont adopté cette posture humble devant leurs supérieurs. Auparavant, les postures de base étaient le fuza (agura, jambes croisées) ou la position avec un genou relevé.
C'est pourquoi, lorsqu'on porte un pantalon large et que l'on est dans un cadre détendu, s'asseoir en tailleur ou de côté ne pose aucun problème. Ce qui est plutôt mal vu comme impolitesse des pieds, ce sont les gestes grossiers et vilains : enjamber un objet, le pousser du pied, le piétiner, l'écarter d'un coup de pied.
Même si c'est pénible, même si l'on est pressé, mieux vaut se mettre un instant à genoux ou se pencher pour écarter un objet à la main : on souhaite de la douceur et de l'aisance. Ouvrir ou fermer avec le pied les fusuma, les shōji ou les portes coulissantes, ou passer sans égard près de la tête d'une personne couchée ou devant une personne assise, jette le doute sur le caractère de quelqu'un. S'accroupir est également disgracieux.
(手土産の受け渡し・相客への配慮)
Remise du cadeau de visite (temiyage)
Une fois conduit par la famille dans une pièce plus au fond, on échange des salutations près de l'entrée de la pièce. Aussitôt après, on présente le cadeau apporté. On sort l'objet du furoshiki, on le tourne pour qu'il soit orienté vers l'hôte et, dans une pièce japonaise, on le pose sur le tatami. En disant « Ce n'est rien d'exceptionnel, mais… » ou « Ce n'est qu'une petite attention », on le pousse vers l'hôte des deux mains en disant « Je vous en prie ». On ne le remet pas de la main à la main, et on ne le laisse pas en silence en partant.
Cependant, si d'autres invités sont venus les mains vides, on remet le cadeau à la famille à l'extérieur de la pièce, afin de ne pas se faire remarquer.
Égards envers les autres invités
Si des invités sont déjà présents et que vous connaissez l'un d'eux, saluez d'abord le maître de maison avant de lui adresser la parole. Même si vous rencontrez pour la première fois un invité déjà arrivé, si l'hôte ne fait pas les présentations, ne déclinez pas votre nom et bornez-vous à un salut silencieux.
Si d'autres invités arrivent après vous, quittez votre coussin (zabuton) dans une pièce japonaise, ou levez-vous dans une pièce à l'occidentale, puis faites la révérence. Si vous partez au moment même où les nouveaux venus arrivent, on pourrait croire que vous ne voulez pas partager leur compagnie. Mieux vaut donc échanger une dizaine de minutes de conversation anodine avant de prendre congé.
Dans l'étiquette de la cérémonie du thé, l'invité s'approche du kakemono ou des fleurs de l'alcôve (tokonoma) pour les admirer. Dans une visite ordinaire, ce n'est pas nécessaire. Toutefois, pièce japonaise ou occidentale, remarquer le mobilier, en faire un sujet de conversation et le complimenter avec naturel relève d'une attitude sociable.
Si l'on doit, faute de mieux, venir avec des enfants, il faut leur interdire strictement de toucher aux objets de décoration de la pièce.
Enfiler le manteau à l'intérieur de l'entrée
Au moment opportun, remerciez : « Merci infiniment de votre si aimable accueil », puis dirigez-vous vers l'entrée.
Si les gens de la maison vous aident à passer votre haori ou votre manteau, dites « Permettez-moi » et enfilez les manches. L'étole (châle) se met une fois sorti de l'entrée. Pour une étole en tissu, repliez légèrement la partie haute, posez-la contre la taille et remontez-la.
De même, quand vous mettez vous-même votre haori ou votre manteau, appliquez-le contre la taille, remontez-le, puis passez les bras. Même si personne ne vous regarde, évitez les gestes exagérés et cherchez une gestuelle naturelle et fluide.

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