Une rencontre inattendue avec le monde des geiko, en plein Paris
Le 12 septembre 2026, @kimono_tsun s'est rendue à un événement organisé par Les Éditions d'Est en Ouest et l'école Yutaka située salle Art nouveau du 213 boulevard Raspail : un immeuble de 1889 lié à l'architecte Raimond Quillen, connu pour son étonnant jeu de miroirs en vis-à-vis créant une impression de décor infini. C'est en passant du temps près de l'atelier de teinture yuzen de Delsancréation chez espace japon, qu'elle a été abordée par une personne de ce lieu qui, remarquant qu'elle portait un kimono, lui a proposé d'aller à la rencontre d'un auteur japonais présent sur place, lui-même vêtu d'un kimono vert.
L'auteur
Elle a ainsi assisté à la présentation du roman Le destin de Tsukie, du Dr Toshirō Fujimoto, traduit en français par Jacques Lalloz et publié aux Éditions d'Est en Ouest (collection Pas à Pas). L'auteur, né à Miyakonojō sur l'île de Kyūshū, a complété ses études de médecine à Paris entre 1971 et 1973 à la Salpêtrière, auprès du professeur Buge, en neuropsychiatrie, et du professeur Duché, en psychiatrie de l'enfant, avant de reprendre l'hôpital familial au Japon. Après des décennies consacrées à la médecine, il a choisi de poursuivre son rêve : devenir écrivain et vivre auprès des geisha.
« Au lycée, je me passionnais pour Baudelaire et Maupassant et je rêvais de devenir écrivain. Mais la tradition voulait encore que le fils aîné reprenne la profession de son père. […] Après soixante-dix ans, l'équilibre intérieur que j'avais préservé pendant des décennies s'est fragilisé. Depuis ma jeunesse, j'aspirais à la liberté de l'esprit, mais j'avais longtemps vécu en me conformant aux responsabilités que la famille et la société m'avaient confiées. Le désir d'écrire, lui, n'avait jamais disparu. À soixante-quinze ans, je suis partie pour Kyoto, ville que j'aimais depuis toujours. »
Extrait de la présentation du Dr Toshirō Fujimoto du 12 septembre 2026.
L'auteur a donc mené deux vies : d'abord psychiatre à la tête de plusieurs hôpitaux et d'une école d'infirmière, il est ensuite devenu romancier vivant au milieu des quartiers de geisha, les kagai. Voilà comment le livre articule avec finesse deux savoirs a priori éloignés : la médecine et la culture des maisons de geisha. C'est précisément ce que développait la présentation projetée, sous-titrée Culture, médecine et monde invisible dans Le destin de Tsukie.
Les liens entre le roman et la présentation
Le diaporama éclairait plusieurs éléments qui nourrissent directement l’intrigue et le décor du roman :
L’ère Bunka (1804-1818), décrite comme l’apogée de la culture urbaine japonaise avec l’essor des villes, le raffinement des arts, la puissance marchande, et le sacrement de Kyoto comme capitale culturelle. Il s’agit très exactement du cadre temporel dans lequel évolue Tsukie, ce qui donne au roman sa dimension historique plutôt que de simple polar d’époque.
La fermeture du pays (sakoku 鎖国), où seule Nagasaki reste une fenêtre sur le monde et où les idées occidentales circulent malgré tout via les études hollandaises (rangaku) : ce contexte de pays fermé, mais traversé de savoirs étrangers éclaire le parcours singulier d’une héroïne médecin, dans une société où la médecine occidentale commence tout juste à s’infiltrer.
La maison de thé (ochaya) Yoshiya, présentée comme un lieu où « se transmettent les arts, les rites et l’hospitalité des kagai », avec l’image de la nouvelle maiko se tenant devant la maison, prête à commencer sa nouvelle vie : cette image illustre très directement le monde dans lequel évolue l’héroïne du livre, et fait le lien avec la présence, ce jour-là, de Kiku-shizu, maiko de la maison Hanafusa.
Lors de la dédicace, @kimono_tsun a pu échanger avec l’auteur ainsi qu’avec son éditrice, Isabelle Nishikawa. Elle a également rencontré, invitées pour l’occasion, la maiko de l’ochaya Hanafusa à Miyagawa-chō (Kyoto), et Sachiko, geisha et okaa-san (« mère ») de cette même maison. Une rencontre qui donnait une réalité vivante à l’univers décrit dans le roman et les diapositives. L’éditrice l’a ensuite informée qu’un spectacle de danse de la maiko aurait lieu ce soir-là dans un lieu à la jauge réduite.
Elle décrit toute cette journée comme une pure coïncidence rendue possible uniquement par sa présence, ce jour-là, à l’espace Japon.
Référence bibliographique:
Fujimoto, Toshirō. Le destin de Tsukie. La geisha de Kyōto (traduit du japonais par Jacques Lalloz).
Éditions d’Est en Ouest, collection « Pas à Pas », 2026.
Instagram de l’auteur : @toshiro.fujimoto https://www.instagram.com/toshiro.fujimoto/
Instagram de l’éditeur : @editiondestenouest https://www.instagram.com/editiondestenouest/
Un grand merci à @kimono_tsun pour cet article et pour avoir partagé avec nous cette journée de rencontres et de découvertes.

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