L'Awa Odori : la folie qui devient danse
Dernière mise à jour : il y a 1 jour
Le site : Awa-Connection.com, une ressource francophone dédiée
Avant de plonger dans l'univers de l'Awa Odori, il convient de présenter la source sur laquelle repose cet article : Awa-Connection.com. Ce site est l'une des rares ressources complètes en français entièrement consacrées à cette danse traditionnelle japonaise. On y trouve une présentation détaillée de ses origines historiques, de ses styles, de sa musique, de ses costumes, ainsi qu'un répertoire des groupes pratiquant l'Awa Odori au Japon et à travers le monde. Le site s'adresse aussi bien aux novices qu'aux pratiquants, comme objectif de rendre cette danse accessible à tous.
C'est lors du festival Made in Asia, grand rendez-vous de la culture japonaise et asiatique en Belgique, que nous avons eu la chance de rencontrer l'auteur de ce site.
L'Awa Odori la danse venue de Tokushima
Une danse vieille de près de 400 ans
L'Awa Odori est une danse traditionnelle originaire de la préfecture de Tokushima. Son histoire remonterait à 1587, lorsque le seigneur féodal de la région, Hachisuka Iemasa, aurait offert de l'alcool de riz à la population pour célébrer l'achèvement du nouveau château de la ville. Les habitants, ivres de joie et de saké, se seraient mis à danser dans les rues et l'Awa Odori, aussi surnommée la « danse des fous », serait née ce soir-là.
Cette version des faits est cependant souvent remise en question. Ses racines semblent en réalité plus anciennes et plus profondes, liées aux danses d'Obon, la fête des morts japonaise, célébrée chaque année à la mi-août. Traditionnellement, on danse l'Awa Odori pendant Obon pour rendre hommage aux ancêtres.
Le mot Awa désigne la région Est de l'île de Shikoku. Odori, quant à lui, signifie simplement « danse ».
L'âme de l'Awa Odori se retrouve dans ce célèbre couplet, connu de tous les Japonais :
« Ceux qui dansent sont des imbéciles, et ceux qui les regardent aussi. Alors, si tout le monde est idiot, pourquoi ne pas danser ? »
Odoru ahou ni miru ahou — 踊る阿呆に見る阿呆 Onaji ahou nara odaranya son son ! — 同じ阿呆なら踊らにゃそんそん!
Ce refrain résume à lui seul l'invitation à l'abandon et à la joie collective qui caractérise cette danse.
Une danse simple, joyeuse et accessible à tous
L'une des grandes forces de l'Awa Odori, c'est son accessibilité. La danse peut s'apprendre en 20 minutes à peine et pour tous les âges : enfants, adultes, seniors (des danseurs de 90 ans participent encore aux festivals). Les pas de base s'appellent le nagashi (流し). Mais au-delà de cette base, il existe de nombreuses variantes.
Les cris : « Yatto-sa ! »
Lors d'une performance, on entend souvent un danseur lancer « Yatto-sa ! », auquel les autres répondent « Yatto yatto ! ». Ce terme, issu d'un vieux dialecte de Tokushima, signifierait quelque chose comme « Est-ce que vous avez l'énergie pour aller jusqu'au bout ? » une forme d'encouragement collectif. Il sert aussi à synchroniser les danseurs entre eux, notamment quand il est difficile de se voir dans la foule.
Ces interpellations portent un nom : les kakegoe (掛け声).
Interview : Rencontre avec l'auteur d'Awa-Connection.com
Nous avons rencontré l'auteur du site Awa-Connection.com lors du festival Made in Asia. Nous allons vous présenter la naissance de la troupe Youkyou-ren, dont l'objectif est la promotion de la culture japonaise à travers la pratique de la danse Awa et du tambour Taiko, notamment grâce à une étroite collaboration avec la troupe de taiko Taikoyaki.
Taikoyaki, une pédagogie sans hiérarchie
Contrairement à d'autres écoles de taiko qui suivent une logique senseï/senpai très codifiée, Taikoyaki fonctionne différemment : pas de maître, pas d'ancienneté qui prime, tout le monde est logé à la même enseigne. L'objectif est le partage plutôt que la transmission verticale. On n'y trouve donc pas de « professeurs » à proprement parler, mais des animateurs : des personnes qui connaissent certains morceaux, sans que cela soit lié à leur ancienneté dans le groupe. "L'association encourage chacun à trouver sa propre voie", et "accueille les joueurs dans le respect de leurs différentes pratiques".
Cette approche contraste avec d'autres groupes de taiko en France, où les professeurs répondent davantage à une étiquette de style musical et de posture.
Taikoyaki, de son côté, n'est pas un groupe professionnel mais une association.
Le taiko s'est développé en France à travers diverses initiatives, notamment avec la troupe Makoto, dont la fondatrice est issue de l'école Oedo Sukeroku-ryu.
La particularité de ce dernier étant de ne pas se limiter au naname et de pratiquer un peu de tout. Il existe également une troupe de taiko étudiante à l'Inalco, qui joue dans le style Hachijo, où le tambour est positionné à l'horizontal, en hauteur.
Taikoyaki essaie d'organiser une animation gratuite ouverte à tous chaque mois. Concernant le lieux d’entrainement Certains studios de musique refusent de les accueillir en raison du bruit, dans la ville de Montrouge, au sud de Paris.
Le groupe s'entraîne 2 à 4 fois par semaine, avec généralement une séance débutants et une séance avancés.
Le taiko a gagné en visibilité auprès du grand public français grâce à des apparitions médiatiques, comme la prestation du groupe Nika Taiko sur le plateau de The Voice en 2025.
La naissance de l'Awa Odori en France
Tsunagari-ren a été le tout premier groupe d'Awa Odori créé en Europe : sa cofondatrice, Ayuko Yonemura, est à l'origine de cette implantation en France. Comme le veut la convention, la plupart des groupes portent le suffixe « -ren » dans leur nom (Youkyou-ren, Tsunagari-ren…), à l'exception notable de Takarabune, seule compagnie professionnelle du milieu, qui vit de ses tournées internationales (Amérique latine, États-Unis, Émirats arabes unis...).
C'est au sein de Tsunagari-ren, créé avant 2014, que notre interlocuteur a découvert la danse Awa.
Son parcours
Tsunagari-ren — Paris, France — 2014 → 2015, puis 2018 → 2022
Rakusui-ren — Kyoto, Japon — 2016
Takarabune — Tokyo, Japon — 2017
Indépendant — Paris, France — 2020 → 2024
Youkyou-ren — Paris, France — 2024 → aujourd'hui
Takarabune est le groupe d'Awa Odori qui se produit à Japan Expo depuis une dizaine d'années, l'une des seules troupes professionnelles d'Awa Odori au monde.
Youkyou-ren entretient des liens étroits avec la communauté internationale de l'Awa Odori, notamment en Australie à travers des cours en ligne initiés durant la période du Covid. Le groupe échange également avec d'autres passionnés en France : comme à Tours et collabore régulièrement avec la scène taiko française, notamment des ensembles majeurs de la région ainsi que le groupe Taikoyaki.
A Made In Asia nous les avions rencontré avec Kanda Nozomi Music flutiste shinobue.
La filiation entre les groupes
Youkyou-ren est affilié au groupe professionnel japonais Takarabune. (Takarabune a été fondée en 1995 dans la région de la ville de Mitaka banlieue ouest de Tokyo. Aujourd’hui c’est son fils ainée Wataru Yonezawa qui a pris la relève.)
Depuis Japan Expo, Youkyou-ren est partenaire à Takarabune, ce qui donne le droit aux deux groupes de jouer et de se transmettre mutuellement les morceaux composés par l'un ou l'autre — une forme de fraternité qui leur permet notamment de danser ensemble sur scène.
La naissance de Youkyou-ren
Après son retour en France, la période en indépendant a nourri l'envie de créer davantage de lieux et d'occasions de danser, ce qui a donné naissance à Youkyou-ren, détaché juridiquement de Taikoyaki. Le groupe compte aujourd'hui une quinzaine d'adhérents, dont 8 à 9 danseurs et musiciens actifs.
La principale contrainte logistique reste le stockage et le transport: chez Youkyou-ren, chaque cofondateur possède ses deux propres tambours, tandis que chez Taikoyaki, une partie du matériel appartient en à l'association.
Danse masculine et danse féminine
Il existe deux styles principaux de danse en Awa Odori : masculin et féminin. Les femmes peuvent pratiquer les deux, mais Youkyou-ren se concentre surtout sur la danse masculine.
Développer la danse féminine prend du temps : les geta (sandales traditionnelles en bois) font mal aux pieds, même après 30 ans de pratique, ce qui peut décourager certaines danseuses. Ces geta représentent un investissement et constituent un frein lors des initiations proposées par la troupe en convention, alors que la danse masculine, elle, ne nécessite aucun équipement particulier pour débuter.
De plus, le coût de l'équipement diffère aussi entre les deux styles : a tenue féminine revient plus cher que la tenue masculine.
Le fondateur de Youkyou-ren souhaite développer le volet féminin de la troupe, un projet porté notamment par sa femme.
C'est dans la région de Saint-Étienne qu'Audrey, qui a découvert l'Awa Odori au sein de Tsunagari-ren en même temps que le cofondateur de Youkyou-ren. Elle a créé le groupe Kokoriko-ren avec deux autres danseuses, en se spécialisant dans la danse féminine.
Les instruments traditionnels
Au-delà des taiko, Youkyou-ren souhaite intégrer tous les instruments traditionnels de l'Awa Odori. Le shamisen n'était pas encore présent lors de leur passage à Japan Expo, mais il est bien joué au sein du groupe.
Deux odaiko (grands tambours) composent la troupe
Plusieurs shimedaiko , mais joués par une seule personne (un seul joueur dans la troupe)
Le kane (petite cloche), aussi appelé chanshiki d'après le son qu'il produit, rythme les départs et les arrêts, et ajuste la vitesse (lente, moyenne, rapide) : un rôle central considéré comme le plus difficile à tenir
Le shinobue :flûte traditionnelle
Le shamisen, historiquement le seul instrument utilisé à la création de la danse, les autres instruments étant venus s'ajouter bien plus tard. À l'origine, l'Awa Odori était pratiqué par des maiko et des geisha pour divertir la population de Tokushima.
Ahou-Ren, une référence du genre
Le groupe Ahou-Ren, basé à Tokushima, ville natale de l'Awa Odori, rassemble entre 80 et 120 membres selon la période de l'année (jusqu'à 120 lors des grands rendez-vous d'été). Bien que reconnu pour son exigence et la qualité de sa pratique, le groupe n'en reste pas moins accessible à de nombreux profils. Cette démarche s'inscrit dans l'esprit globalement ouvert et inclusif de l'Awa Odori, même parmi les ensembles les plus réputés.
Des danseurs et musiciens viennent parfois d'aussi loin que Nagoya ou Akita pour rejoindre Ahou-Ren à Tokushima, uniquement parce qu'il s'agit du meilleur groupe.
En juin, à Paris, à l'occasion du Japan Village 2026, organisé du 10 au 13 juin place Léonard Bernstein (parc de Bercy) en marge du tournoi de sumo de l'Accor Arena, des membres d'Ahou-ren et de l'Association pour la promotion de l'Awa Odori de Tokushima sont venus animer des ateliers et on également propose un workshop avec Youkyou-ren.
Financement et organisation des festivals
En temps normal, les petits festivals sont financés par les associations de commerçants de quartier, ce qui permet d'animer le quartier et d'y stimuler la vente de nourriture. Les plus grands festivals d’Awa ont lieu à Tokushima, ville d'origine de la danse, mais aussi à Koenji, dans la banlieue de Tokyo.
Une forme de rivalité existe également à Tokushima entre groupes très populaire.
Le revers du décor
Comme dans beaucoup de milieux associatifs, l'Awa Odori n'échappe pas à une certaine politique interne, avec parfois des affaires de malversation financière. Mais ces dérives restent, selon lui, marginales ( à peine 1 % des pratiquants voir article « 徳島の阿波踊りが「イベント地獄化」した理由 観光客120万人超、補助金投入でも大赤字の謎 »). Dans l'ensemble, l'ambiance reste bon enfant : la danse rassemble toutes les générations et toutes les classes sociales, des enfants jusqu'aux danseurs les plus âgés, le plus vieux qu’il a vu ayant 92 ans.
Une anecdote souvent citée : l'empereur du Japon n'aurait pas le droit d'assister à une représentation d'Awa Odori, la légende voulant qu'on ne puisse pas, en la regardant, éviter de traiter implicitement les danseurs ( et donc indirectement l'empereur) d'imbéciles, en référence au fameux couplet de la danse.
Japonais :踊る阿呆に 見る阿呆同じ阿呆なら 踊らな損、損
Romaji :Odoru ahou ni miru ahouOnaji ahou nara odorana son, son
Traduction :« Les danseurs sont des fous, les spectateurs sont des fous.Si de toute façon on est tous fous, autant danser sinon, quel dommage ! »
Ce qui le rend le plus heureux, c'est lorsque des Japonais lui confient que sa danse leur rappelle des souvenirs de jeunesse : il considère alors avoir atteint son objectif.
Une singularité en Europe
Il compte parmi les très rares Européens à avoir fondé une troupe d'Awa Odori hors du Japon, aux côtés d'Audrey ( cofondatrice de Kokoriko-ren à Saint-Étienne) qui est quant à elle la première femme non japonaise à l'origine d'un tel groupe sur le continent. Tous les autres groupes du monde ont été créés par des Japonais.
Projets futurs
Youkyou-ren est aujourd'hui très sollicité par les groupes de taiko parisiens, car l'apport des danseurs Awa donne une singularité qui les démarque des autres troupes. Le groupe souhaite continuer à développer le volet féminin de sa pratique.
Costumes et accessoires
Les costumes de la troupe sont fabriqués dans une boutique de Tokushima (Okachu). Le yukata utilisé pour la danse fait également partis des accessoires de danse figure notamment le « cerf-volant ».
Une grande place est accordée dans cette danse au mime, par exemple avec l'interprétation par les danseurs masculins du rôle d'un homme ivre. Le vêtement traditionnellement porté par les hommes varie selon la préférence des groupes : le yukata (fermé à la taille par un obi) ou le happi, une veste courte et légère proche du yukata dans sa confection, mais coupée différemment.
Parmi les accessoires typiques :
L'uchiwa, éventail rigide, très utilisé dans la danse masculine.
Le chouchin, lanterne de papier et de bois ou de bambou, également tenu par les danseurs de la main droite dans la danse masculine
Ombrelle et masque kabuki qui peuvent également être utilisés
Youkyou-ren s'inspire beaucoup de Takarabune, qui n'est pas le groupe le plus « chill » de la danse Awa, mais plutôt réputé pour son énergie.
Les quatre grands styles de la danse Awa
Il existe quatre grandes tendances historiques de la danse Awa (trois anciens et une plus récente)
Nonki-chou : le style « samouraï », caractérisé par une colonne vertébrale bien droite, des hanches basses, et des mains qui « coupent » l'air comme un katana.
Goujyahei-chou : inspiré des pêcheurs, mime le lancer de filet ; se distingue par un jeu de pied glissé (le suriashi) et un maniement particulier de l'éventail.
Ahou-chou : reconnaissable au bandeau noué sous le nez, réputé pour son enthousiasme sans retenue ; c'est le style dont dérive la danse très énergique « Abare-odori ».
Kokesaku-chou : C'est le plus récent des quatre styles, avec un esprit plus « rock » marqué par l'absence de flûte et de shamisen au profit de nombreux gros tambours (2 à 3 en moyenne, et jusqu'à 10 ou 15 selon les groupes). Contrairement aux autres, ce style ne se produit pas sur les scènes officielles ni dans les allées réservées des festivals : écarté par les plus anciens en raison du volume de ses tambours, il se joue directement dans la rue, au milieu du public.
L'Awa Odori dans le monde
On dénombre environ 800 groupes d'Awa Odori au Japon, et seulement une quinzaine à travers le monde : 5 aux États-Unis, 1 Brésil, au Vietnam, et 2 en Australie. Il en existe également 1 à Taïwan, ainsi qu’une troupe à Saipan et au sein d'une université en Chine continentale.
C'est en créant son site qu'il a pris contact avec les groupes vietnamiens : sa femme étant elle-même vietnamienne il a pu directement les rencontrer. Pendant le confinement lié au Covid, il a participé à des ateliers en ligne avec des gens du monde entier.
Chorégraphies : entre libre de droit et créations originales
Youkyou-ren interprète des créations du groupe Takarabune, dont il possède les droits d'usage, mais s'appuie également sur des thèmes traditionnels incontournables de l'Awa Odori. Parmi les chorégraphies usuelles, on retrouve notamment l'Abare-odori, une danse très énergique exécutée avec des lanternes, ou encore le tatekyu, une danse féminine rythmée par le simple claquement des geta sur le bitume, sans accompagnement de taiko.
Le nagashi reste la base commune à tous les styles : une parade simple et libre de droit, comme une rivière qui coule toujours dans le même sens.
Chaque chef de groupe apporte sa propre inspiration dans la création des chorégraphies. Youkyou-ren en compte une créée il y a un an, deux issues de Takarabune, et une quatrième en cours d'élaboration.
À titre de comparaison, un groupe comme Ahou-Ren compte 60 à 70 musiciens pour le reste des danseurs, hommes et femmes confondus, eux-mêmes divisés en plusieurs sous-groupes (danseurs de lanternes, etc.). Un même morceau composé pour un groupe de 15 personnes chez Ahou-Ren ne sera jamais interprété à l'identique par un groupe plus petit : chaque composition doit être adaptée à la taille de la troupe.
Pour aller plus loin
Toutes les informations complémentaires sont disponibles sur awa-connection.com, ainsi que sur le compte Instagram de Youkyou.ren la plateforme choisie par 99 % des groupes Awa pour communiquer.
Awa-Connection / Awa Odori
Site officiel Awa-Connection : https://awa-connection.com/
Page "À propos" (auteur du site) : https://awa-connection.com/a-propos-contact/
Youkyou-ren
Page HelloAsso : https://www.helloasso.com/associations/youkyouren
Compte Instagram : https://www.instagram.com/youkyou.ren/
Email : youkyouren@gmail.com
Taikoyaki
Site officiel, page association/statuts : https://taikoyaki.fr/association/
Page "Les styles" : https://taikoyaki.fr/la-pratique-du-taiko/les-styles/
Page HelloAsso : https://www.helloasso.com/associations/taikoyaki
Instagram TaikoYaki France : https://www.instagram.com/taikoyaki.fr/
NIKA TAIKO
Site officiel : https://www.nika-taiko.com/fr/
Articles de presse :
« 徳島の阿波踊りが「イベント地獄化」した理由 観光客120万人超、補助金投入でも大赤字の謎 » (« Pourquoi l'Awa Odori de Tokushima est devenu un "enfer événementiel" 120 millions de visiteurs, subventions massives, et pourtant un déficit abyssal ») https://toyokeizai.net/articles/-/212317

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