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Biographie de Yumeji et review du Film Yumeji 1991

Titre Original 夢二 (Yumeji)

Réalisateur Seijun Suzuki

Scénario Yohio Hyodo

Production Genjiro Arato (Arato Seisaku-jo)

Genre Drame fantastique, Biopic expérimental

Durée 128 minutes (2h08)

Sortie au Japon 10 juin 1991

Sortie en France 1er juillet 1992

Pour public averti



Résumé


L'histoire se déroule dans le Japon de l'ère Taisho (début du XXe siècle). Elle suit les pérégrinations de Takehisa Yumeji, un peintre et poète réel, célèbre pour ses portraits de femmes mélancoliques.


Le film s'ouvre sur Yumeji attendant sa maîtresse, Hikono, dans une auberge de montagne près du lac Kanazawa. Mais alors qu'il l'attend, il est distrait par une rencontre mystérieuse : il croise Tomoyo, une veuve dont le mari a été assassiné. Le corps du mari n'a jamais été retrouvé, et il se murmure que son fantôme rôde encore dans les parages.




Biographie de Takeshisa Yumeji 竹久夢二 (1884-1934) : L'icône du Romantisme Taishô


Jeunesse et formation d'un autodidacte


Né en septembre 1884 à Setouchi (préfecture d'Okayama), Takehisa Yumeji est una rtiste hors norme, il est un pur autodidacte : il n'a jamais suivi de cours de dessin formels. Cette liberté lui permet de développer un style unique, loin de l'élitisme des académies d'art qu'il critiquait vivement. S'il se destine d'abord à la poésie, la nécessité financière le pousse vers l'illustration, un domaine où son talent éclate rapidement.


Yumeji devient l'emblème de l'ère Taishô (1912-1926) grâce à ses représentations féminines. Ses personnages aux silhouettes longilignes et aux grands yeux mélancoliques réinventent le genre traditionnel du Bijin-ga (portraits de beautés).

  • Illustration : Il devient le dessinateur officiel de Kodomo no Tomo.

  • En 1909, il publie son premier recueil de croquis et de poèmes intitulé Yumeji Gashū - Haru no Maki (Collection d'images de Yumeji - Volume du Printemps). À propos de ces illustrations, il déclarait : "Je vais écrire un poème en utilisant des images plutôt que des mots."

  • Innovation : Il remet au goût du jour la gravure sur bois, créant un style "néo-ukiyo-e" très prisé du grand public.



Une vie personnelle tumultueuse


La vie sentimentale de l'artiste est aussi tourmentée que ses œuvres. En 1907, il épouse Kishi Tamaki, qui restera sa muse malgré un divorce rapide en 1909, suivi d'une réconciliation et de plusieurs séparations définitives. De cette union naîtront trois fils. Puis Hikono Kasai sa muse absolue, rencontrée dans le secret. Son père interdit leur union. Elle meurt tragiquement de la tuberculose à 23 ans. Et ensuite Oyo professionnel qui a partagé sa vie après le drame de Hikono. Elle incarne la période la plus sensuelle et moderne de son œuvre, apportant une touche plus graphique et publicitaire à son art.



Voyages, exil et fin de vie


Dès 1923, après avoir fondé la société Dontaku Zuansha à Kyôto, Yumeji entame une période de grands voyages. Il s'installe à Honolulu, parcourt les États-Unis pour ses expositions, puis traverse l'Europe pendant un an. Ce périple nourrit son œuvre de nombreux croquis qu'il publie à son retour.

Malheureusement, ce retour au Japon en 1933 est marqué par la maladie. Atteint de la tuberculose, il s'éteint au sanatorium de Nagano en septembre 1934, à l'âge de 49 ans. Il repose aujourd'hui au cimetière de Zoshigaya à Tokyo.



Postérité et Musées


Aujourd'hui, l'héritage de Yumeji perdure à travers le Yumeji Art Museum. Sa maison natale à Setouchi, convertie en musée en 1970 et officialisée en 1979, ainsi que la Shonen Sanso (la reconstitution de son atelier de Tokyo). Le bâtiment principal à Okayama (le Honkan), inauguré en 1984, expose quant à lui en permanence une centaine de ses chefs-d'œuvre, confirmant son statut de pionnier de l'esthétique moderne japonaise.



Analyse: Une loin du biopic conventionnel


Oubliez les biographies linéaires, Yumeji (1991) ici on assiste directement à l'âme de l'artiste. Le réalisateur de la "Trilogie Taisho" signe ici une œuvre d'une audace artistique rare, où le cinéma s'efface pour devenir une peinture en mouvement. Le film ne raconte pas Takehisa Yumeji ; il le rêve.


Le film n'est pas une biographie classique. C'est une errance onirique où Yumeji ne cherche pas seulement l'amour, mais la "femme idéale" qu'il dessine sans cesse: une msue inssaissisable.


  • Décors de théâtre : Suzuki assume une artificialité sublime. Les perspectives sont faussées, les intérieurs ressemblent à des scènes de kabuki, transformant chaque plan en un tableau de l'ère Taisho.

  • Couleurs éclatantes : Le rouge sang, le vert profond et l'or saturent l'écran



Un film exigeant pour un public averti


Il est important de préciser que Yumeji n'est pas un film "facile". C'est une œuvre destinée à un public adulte et averti. D'une part, le film contient des scènes explicites. D'autre part, son rythme et sa structure demandent un effort de compréhenssion.



Références :


Commentaires


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